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RÉFLEXION FAITE

VALÉRIE DUVIVIER

Yves Klein était un amoureux de l'or : ces feuilles qui volaient littéralement au moindre courant d'air, sur le plat coussinet que l'on tenait dans sa main pendant que de l'autre on les attrapait au vol avec le couteau. La feuille que l'on pose délicatement sur la surface à dorer... quelle meilleure école du respect de la matiere picturale ! 

Valerie Duvivier fût baignée dans cette atmosphère dès son plus jeune âge pour devenir aujourd hui artiste doreuse ornemaniste. C'est en dessinant une collection complète de cadres aux lignes contemporaines pour la société qu'elle dirige depuis 15 ans, que le goût de la création lui est venu.
Le miroir est  son support de prédilection, tel une métaphore de la peinture et de l’œil du peintre qui capte les images et les recompose. Même si aujourd hui, les choses sont amenées à évoluer dans ses créations, le miroir est, à ses yeux est un objet tout particulier. On le trouve dans toutes les civilisations, son utilisation a donné lieu à des interprétations diverses, tantôt de peur, de superstition, tantôt signe d’harmonie et de pureté. 
Ce mystérieux objet qui a captivé les philosophes grecs, les théologiens du Moyen âge, et plus tard les humanistes de la Renaissance, a été étudié en peinture, en littérature, en philosophie et même en métaphysique. Les miroirs convexes, dit Sorcières sont un support sur lequel l'artiste aime aussi travailler. Référence médievale qu'elle s'amuse a contrebalancer avec une ornementation moderne. 
Son travail plaît et plusieurs intervenants du marché de l'art s'intéressent de près a ses créations. Elle passe à plusieurs reprises en salle des ventes et a une côte officielle. On retrouve l'influence de certains créateurs, comme Line Vautrin, qui a porté le miroir au rang d'oeuvre  d'art à part entière, mais aussi celle de Pol Bury ou de Matthias Kiss. 

Elle affirme que l'or n'est pas une couleur, c'est une valeur aux milles nuances. Au-delà de tous les symboles, l'or est un phénomène esthétique unique en son genre, qui peut prendre des reflets infinis selon la patine, le fond utilisé, le niveau d'usure de la feuille d'or, la brillance ou la matité. L'or a toujours été, depuis l'aube des temps, objet de fascination. 

L'association du noir et de l'or est quasiment systématique dans ses oeuvres  car la confrontation des deux apporte force et rigueur à son travail. Son travail consiste à recréer des  oeuvres en décalant des représentations usuelles d'éléments décoratifs, à donner une nouvelle perspective de vie à une ornementation classique et à bousculer la respectable ordonnance des éléments de décors pour en inventer une autre, totalement fantasmée et revisitée. 

Récemment, elle a mis au point un nouveau matériau qu'elle baptise "Tassoflex". Ce matériau dont un des composant est la résine à l'eau lui offre la possibilité de formes souples, s'apparentant plus à de la sculpture et répondant aux mêmes qualités  physiques que le bois. C'est ce qu'elle utilise dans ses tableaux sculptures. Ce matériau a été pensé pour pouvoir accueillir l'apprêt nécessaire à la pose de la feuille d'or.

Son ADN d'artisan l'oblige en permanence à s'interroger sur la pérennité de son travail et Valérie Duvivier place donc une exigence particulière dans l'excellence technique de ses réalisations. Sa démarche artistique est une manière de démontrer toute la modernité de l'or dans ses nuances infinies...